Notre raison d’être, nos objectifs.
Selon l’OMS, les deux tiers de l’humanité n’ont pas accès aux soins de santé de base. Tous les discours, toutes les organisation internationales, toutes les politiques de coopération n’ont pu venir à bout de cette réalité. Autant l’aide humanitaire internationale et la médecine occidentale moderne excellent dans les situations d’urgence (épidémie, catastrophe, guerre), autant elles s’avèrent inadaptées dans le cadre d’une approche à long terme.
La santé, droit fondamental de l’être humain, est un état global de bien-être physique, mental social et environnementale. Permettre un accès pour tous à la santé suppose de prendre en compte l’ensemble de l’environnement physique et culturel d’une population.
Ce constat, de plus en plus d’actualité, amena le docteur Jean-Pierre Willem à repenser le concept de Solidarité Internationale en fondant l’Association Médecins Aux Pieds Nus en 1987 (MAPN).
Les Médecins aux pieds nus considèrent que l’action caritative et humanitaire doit évoluer et céder le pas, peu à peu, à l’action intégrée et planifiée au niveau de la communauté et des pouvoirs publics.
Les Médecins aux pieds nus soutiennent les populations des pays émergents dans leur volonté de parvenir à un développement durable, respectueux de l’environnement et s’appuyant sur les moyens humains communautaires et les ressources locales.

Quelques jeunes jardiniers de Rocafuerte devant les jardins expérimentaux Kalapata - mission Iquitos, Pérou - juin 2002
L’objectif des Médecins aux pieds nus est de mettre en place des structures permettant l’accès aux soins de santé primaires par l’utilisation des connaissances traditionnelles et des ressources locales.
En fonction des contextes rencontrés et de la faisabilité, ces structures sanitaires doivent être intégrées dans un système social et économique permettant l’autosuffisance de la collectivité et en vue des objectifs spécifiques suivants :
* L’accession à l’autonomie médicamenteuse et l’amélioration de l’équilibre alimentaire,
* La revalorisation des identités culturelles et des connaissances médicinales,
* L’échange et la transmission des connaissances,
* La préservation de la biodiversité et la sensibilisation aux problèmes environnementaux,
* Un développement intégral endogène des communautés.
Une donnée de départ :les médecines traditionnelles.
Contrairement à la médecine occidentale scientifique qui étudie l’homme à partir de ses grandes fonctions, les médecines traditionnelles considèrent l’homme dans sa totalité et le replace dans un contexte plus large, notamment dans sa dimension écologique. Les praticiens traditionnels se situent à la confluence d’une recherche non-religieuse du sacré et d’une recherche non médicale de la santé. Ils utilisent les ressources locales pour dispenser des soins efficaces et adaptés (végétaux, minéraux, animaux).
Ainsi, l’existence d’autres pratiques médicales nous fait prendre conscience du caractère relatif de la médecine occidentale scientifique. Et donc de la nécessité d’élaborer une réflexion et une approche plus globale.

Groupement de femmes matrones et de tradipraticiens autour d’arboretums - mission Belbeji, Niger - mars 2002
Les pays en développement ont un riche héritage d’expériences ancestrales et de praticiens qu’il est important de préserver pour permettre le développement des médecines traditionnelles. Les populations de ces pays dans leur majorité, considèrent cette approche de la santé comme la leur et y adhèrent, sans pour autant refuser de faire appel à des traitements chimiques lorsque la pharmacopée locale ne présente plus de possibilité de thérapie.
Les Médecins aux pieds nus, en participant au rapprochement des tradipraticiens ( chamans, guérisseurs, matrones, herboristes…) et des autorités locales, œuvrent à l’identification et au développement de l’usage des plantes médicinales.
Cet échange de savoir et ce respect mutuel sont particulièrement efficaces car adaptés aux besoins locaux, d’un coût peu élevé, disponibles sur place et d’une utilisation rapide, d’où une autonomie sur le long terme.
L’approche des Médecins Aux Pieds Nus ne se veut pas en opposition avec la médecine scientifique moderne. L’étude scientifique des substances d’origine végétale, animale ou minérale et des savoirs qui s’y rattachent, aboutit à l’élaboration de médicaments dont les effets biologiques et le mode d’action sont bien définis.
Elle permet d’identifier des remèdes dépourvus d’effet secondaire, et d’offrir ainsi une alternative à une pharmacopée occidentale qui ne permet pas d’apporter des réponses thérapeutiques à des pathologies pourtant courantes (paludisme, drépanocytose, leishmaniose).
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MAPN et L’ethnomédecine.
L’ethnomédecine est une approche pluridisciplinaire des sociétés et des cultures. Elle replace la maladie dans son contexte culturel et évite ainsi les écueils d’une intervention occidentale inadaptée. Cette discipline intègre psychologie, sociologie, ethnologie et épidémiologie, pour une compréhension globale de la maladie au-delà de sa réalité biologique.
En effet, dans toutes les cultures, le fait médical est identifié comme un événement majeur présentant deux caractéristiques principales :
* une dimension thérapeutique, qui s’appuie sur des connaissances et des pratiques où se mêlent les éléments d’une pharmacopée plus ou moins élaborée,
* une dimension culturelle, qui s’exprime notamment dans une interprétation en constante référence avec les croyances, l’environnement et le sacré.
Les Médecins Aux Pieds Nus fondent leurs actions sur la compréhension des sociétés avec lesquelles ils travaillent ; ils allient les sciences humaines, les sciences naturelles et les sciences exactes.
En complément de leur formation initiale les volontaires de Médecins aux pieds nus suivent une double formation en ethnomédecine et en phyto-aromathérapie. Ainsi préparés, ils s’intègrent à la communauté et appréhendent de manière adaptée et efficace les situations qu’ils rencontrent.

