LA MEDECINE AYURVEDIQUE
Samedi, 29 Mars 2003, par Jean Pierre Willem info@mapn.org
Prenons l'exemple de cette médecine asiatique pour montrer l'intérêt que présente l'ethnomédecine pour en saisir toutes les nuances socioculturelles.
La médecine ayurvédique développe l'idée d'une harmonie préétablie entre la maladie et les remèdes produits sur le même sol. C'est l'une des raisons pour lesquelles, comme d'autres médecines asiatiques, elle ne peut être transposée dans un autre contexte socioculturel et que ses recettes ne peuvent être appliquées telles quelles en Occident.
Outre leurs déterminants biologiques, les maladies possèdent des déterminants sociaux et de civilisation, qui ne sont pas moins essentiels à leur définition et à leur interprétation. En témoigne la médecine ayurvédique.
Saisons et humeurs
Sous le titre "la pluie" se cache à l'évidence une clé de fonctionnement de la médecine ayurvédique de la côte de Malabar, à savoir les interactions qui peuvent exister entre les systèmes écologiques et le système médical. Dans cette partie du sud-ouest de l'Inde, la médecine comprend en effet son rôle comme résultant de la confrontation de deux polarités : la pluie et la sécheresse, d'une part, et la théorie des humeurs, de l'autre, corrélées à une véritable pharmacopée à base de cocktails d'épices. Cette opposition peut être illustrée par le cycle de saisons : froid-chaud-pluie, auquel répond le cycle des humeurs codifié par la médecine hippocratique : bile-flegme-vent.
La médecine ayurvédique développe aussi, comme tant d'autres traditions médicales, l'idée d'une harmonie préétablie entre la maladie et les remèdes produits sur le même sol. Aux maladies de la bile (diverses folies), du flegme (dermatose, ascite) et du vent (maladie nerveuse, rhumatisme), répondent les épices amères, piquantes et aromatiques.