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LE VILLAGE INDIEN DE GENGAPURAM

Samedi, 29 Mars 2003, par Bernadette Poisson info@mapn.org


Le projet auquel nous avions rêvé, avant mon départ pour l’Inde, dans notre échange de correspondances avec le Père John, pasteur protestant indien, était celui de la création d’une petite structure de soins naturels au village. J’étais là encore invitée à venir pour quelques mois, afin de partager la vie des habitants de Gengapuram, et pour me rendre compte de ce qui était envisageable.

A mon arrivée, la situation humanitaire de ce petit bourg de 1 000 habitants m’est apparue des plus préoccupantes. La grande majorité des familles ne possède pas de terre et travaille selon la demande comme ouvriers agricoles dans les rizières des riches propriétaires.

Conséquence de la précarité de leurs emplois, les périodes de jeûne sont fréquentes dans l’année. Les hôpitaux indiens offrent souvent des conditions d’hygiène ou de propretés innommables, entourés d’immondices où viennent fouiller cochons et volailles. Les enfants étaient maigres avec des symptômes de déficience vitaminiques importants.

Aidée de Jebakani, infirmière de formation, et de quelques bénévoles, nous avons essayé d’énumérer comment nous pouvions agir en recensant les rêves, les projets, les potentialités inscrites en chacun.

Nous avons commencé le jardin médicinal avec les jeunes de Gengapuram et encore aujourd’hui, les enfants de l’école secondaire participent quotidiennement à son arrosage.

Avec les retraités, nous avons récolté les plantes médicinales locales dans les zones de friche et les collines granitiques. Une fois séchées, nous avons réalisé des préparations de sirops, pommades, d’emplâtre de plantes pour les maladies de peau.

Avec un simple téléviseur posé sur un banc, dans la rue du village, nous apprenions à éradiquer les vers intestinaux avec des ingrédients locaux telles que les graines de courge, ou encore les propriétés nutritives des végétaux accessibles dans le village, et leur utilité pour protéger des déficiences vitaminiques, responsables des atteintes oculaires fréquentes dans ces populations.

Ces multiples réalisations sont le fruit d’un réel échange entre les connaissances occidentales et les pratiques locales. Les soins pratiqués sont toujours précédés d’un dialogue, rien n’est imposé. Et les enseignements qui découlent de ces entretiens ne sont pas seulement profitables au patient ; nous-mêmes, praticiens aveugles de l’Occident, avons beaucoup à apprendre.


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