L'aide humanitaire doit évoluer
Le concept de solidarité a éclos au milieu du XXe siècle, pour prendre toute sa dimension sur le terrain, et en particulier dans le tiers monde. Mais à la lumière de nos expériences, il est temps de bouleverser quelques idées reçues, à savoir que l'aide n'entraîne pas toujours le développement. Le concept de l'action caritative et humanitaire doit évoluer pour céder le pas au concept de l'action intégrée et planifiée au niveau de la communauté et des pouvoirs publics.
Le temps de la passivité et de la résignation devrait se terminer. Les pays du tiers monde peuvent émerger s'ils prennent appui sur leurs richesses culturelles et leur force de travail inemployée. Les villageois du tiers monde peuvent se redresser par la redécouverte de leur culture et par l'apprentissage de techniques artisanales simples.
"La santé pour tous à l'an 2000", idée-leitmotiv de l'OMS, est devenue un vœu pieux et pourtant la stratégie d'un système de "soins de santé primaires" ne doit pas retourner dans les tiroirs : elle peut être réactualisée en s'adaptant au contexte socioculturel du pays et en exploitant les ressources naturelles locales. Au côté des populations bien décidées à reprendre leur destin en main, les Médecins aux pieds nus représentent une alternative séduisante et efficace.
Leur arme : l'ethnomédecine, qui correspond à une approche socioculturelle des populations, et le recours aux médecines naturelles et traditionnelles, envisagé non pas comme une opposition à la médecine scientifique moderne, mais comme sa part complémentaire.