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POUR UN AUTRE USAGE DU MONDE

ou INTERACTION des 3 REGNES (minéral, organique, végétal) ou l'UNIVERS, une SYMPHONIE INACHEVEE Date de l'article : 31/01/06


Nous avons beau proclamer, sur tous les tons, notre attention généreuse ou compréhensive aux "autres" ; notre égocentrisme ne connaît à proprement parler pas de bornes. Nous, modernes Occidentaux ou occidentalisés, concevons l'univers qui nous entoure comme une matière dénuée d'intentions, la nature, que nous, humains, seuls détenteurs d'une conscience réflexive, pouvons apprivoiser et modifier plus ou moins à notre gré. En fin de quoi, nous imaginons que tous nos semblables de tous les temps et de toutes les sociétés ont eu cette vision en partage. En étaient-ils dépourvus ? C'est qu'il leur manquait ce savoir, scientifique et technique, qui nous a sorti des brumes de la superstition, dans laquelle ils évoluaient, et où certains peuples, de plus en plus rares, qui font le miel des ethnologues, se complaisent encore.

C'est à remettre en question l'universalité de cette représentation que s'attache d'emblée l'anthropologue Philippe Descola, dans ses deux ouvrages Par-delà nature et culture et Lances du crépuscule. Il commence par nous rappeler la diversité, à ce propos, des "usages du monde". Les Achuars, des Jivaros de la haute Amazonie, accordent ainsi à la plupart des plantes et des animaux une âme, qui les range parmi les "personnes". Les femmes s'adressent aux premières comme à des enfants qu'elles maternent ; les hommes voient les seconds comme des "beaux-frères", des alter ego exigeant respect mutuel.

Ce respect "transcendental" se retrouve chez les tradipraticiens que nous appelions hier sorciers : ces thérapeutes animistes avant de couper les plantes dont ils ont besoin pour leur malade, récitent une courte prière pour s'excuser d'interrompre la vie de cette plante sacrifiée pour sauver un homme.

Rappelons que chaque individu, chaque animal, chaque espèce végétale, chaque minéral constitue un microcosme et tous ces éléments forment le macrocosme appelé communément l'Univers.

Loin de relever d'un monde sauvage séparé, les êtres "inanimés" de la nature sont, pour eux, de "véritables partenaires sociaux" dans la gestion d'un entier écosystème. Et ce n'est là que l'exemple d'une articulation possible, différente de la nôtre, entre humains et non-humains. Car il y en a beaucoup d'autres. Il est, en effet, des peuplades qui voient les animaux à la manière d'humains, qui se déguisent quand ils parcourent la forêt, mais redeviennent des hommes, quand ils s'en retournent, la nuit, dans leurs campements. D'autres établissent des correspondances entre des lignages d'humains et non-humains ; d'autres, encore, tracent des analogies. Ainsi de suite...

Nous n'avons, d'ailleurs, nous-mêmes, pas toujours conçu la nature comme une donnée extérieure, apte à être "objectivée" et maîtrisée. Pour arriver à cette représentation, il nous a fallu parcourir un interminable chemin, impliquant les influences de la philosophue grecque, du christianisme, de la perspective picturale, de l'expérimentation scientifique, de sa modélisation mathématique, etc. Y ont aussi participé les élaborations de nos notions de "société", puis de "culture" au singulier, comme processus de civilisation, et au pluriel, en tant que constat de la pluralité des façons d'habiter le monde. Au point que ce "grand  partage" entre nature et culture, qui va aujourd'hui pour nous de soi, n'a pris, tout son effet qu'à la fin du XIXème siècle, soit très récemment.

Et que dire du "champ morphogénique"  un nouveau concept pour désigner la conscience collective. Cette sorte de trame, ou réseau comparable au GSM, enveloppe la terre à une centaine de kilomètres et permet de communiquer avec tout être se trouvant en empathie.

C'est grâce à ce champ que tous les singes des îles ont su, à distance, à partir de l'expérience itérative d'un seul groupe de singes, tremper les patates douces dans l'eau de mer pour en retirer le sable et relever leur goût.

C'est aussi cette  conscience collective qui a permis aux poules de ne plus se faire écraser en traversant les routes. A des milliers de kilomètres, chez tous les animaux, on peut constater de tels changements de comportement à un moment donné...

Pour les humains, le fonctionnement est absolument identique : les inventions, les découvertes se font le plus souvent à plusieurs endroits de la planète simultanément.

Par ce réseau de communication s'opère un téléchargement des connaissances qui permet de faire évoluer beaucoup plus vite les évènements que l'on pourrait le croire ce qui pourrait expliquer que les enfants, aujourd'hui, en relation étroite avec cette trame, seraient plus précoces que leurs ainés ; ils disposent inconsciemment d'un système de connaissance universelle, sorte de cerveau planétaire. Les enfants "indigo" en sont la preuve vivante. Cette conception de la conscience collective n'est pas nouvelle mais s'explique plus précisément aujourd'hui dans notre monde dit civilisé.


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