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NIGER

Jardins médicinaux et lutte contre la désertification (2000-2006)
Arboretum : Accacia Senegalis (gommier blanc) amélioration des sols Arboretum : Accacia Senegalis (gommier blanc) amélioration des sols

Arboretum : Accacia Senegalis (gommier blanc) amélioration des solsLocalisation :

Dans les massifs de l'Aïr et du Ténéré (Agadez, Tin Telloust et Zomo), dans la vallée de la Haute Tarka (Belbedji et une quinzaine de villages participant au Programme National de l'Environnement pour un Développement Durable), et à Niamey.

Synthèse :

L'intervention des Médecins Aux Pieds Nus répond à la demande formulée par l'ONG nigérienne " Défi 21 ". Le projet s'est fixé pour finalités l'autonomie des populations pour les soins de santé primaires grâce à la mise en place de jardins de plantes médicinales, et la préservation du patrimoine botanique en intégrant ces jardins dans des projets de gestion du territoire. Les actions sont menées avec les populations afin qu'elles agissent d'elles-mêmes face aux problèmes sanitaires et écologiques ; elles deviennent, alors, actrices de leur développement.

Objectifs spécifiques :

  • la promotion des pharmacopées traditionnelles locales pour les pathologies courantes et la revalorisation du savoir des tradipraticiens,

  • la formation des acteurs de santé à l'usage des plantes médicinales,

  • la lutte contre la désertification et la sensibilisation des populations aux problèmes d'environnement.

Population bénéficiaire :

La population locale, les groupements féminins, les tradipraticiens et les Centres de Santé Intégrés bénéficient directement des jardins médicinaux et des produits qui en sont issus.

Moyens humains :

3 volontaires (1 ingénieur, 1instituteur spécialiste en plantes médicinales en zone sub-sahélienne, 1 naturopathe), appuyés par 2 personnes recrutées localement pour chaque jardin, soit 8 nigériens.


 

Partenaires :

Défi 21, le Ministère de la Santé Publique du Niger (dont la direction des pharmacies de laboratoires et des pharmacopées traditionnelles), le Programme National de l'Environnement pour un Développement Durable (PNEDD), l'Union Mondiale pour la Nature (UICN), l'Association Nationale des Tradipraticiens du Niger (ATPN), l'UNICEF...

Actions menées jusqu'à octobre 2002 :

  • Les pépinières et les activités de jardinage

    Il s'agit en premier lieu d'assurer la formation de personnel local aux techniques de pépinière et de consolider les connaissance en jardinage pour d'éventuelles nouvelles espèces introduites.
    Ainsi le personnel recruté localement et les membres des coopératives et groupements agro-pastoraux partenaires pourra installer de nouvelles pépinières et jardins et poursuivre les anciennes, pour les cultures :

    • de plantes agro-forestières destinées à la production de plants pour l'aménagement des jardins ou du territoire du village et la production fourragère ;
    • de plantes médicinales ;
    • de plantes utilisables comme compléments alimentaires à haute valeur nutritive, notamment la luzerne.

    La majeure partie des plantes à usage médicinal sera produite dans le jardin médicinal sensu stricto, mais autant que possible, on encouragera les jardiniers des groupements partenaires à prendre en charge une partie de cette production dans leur propre jardin en participant alors au collectes et cueillettes sur leurs plants, qu'il s'agissent d'espèces à usage multiple comme d'espèces à usage médicinal strictement.

    On essaiera aussi la mise en culture ou pépinière dans ces mêmes jardins d'espèces locales éventuellement menacées ou en voie de disparition, en encourageant les collectes locales de semences ou le bouturage.



  • Les activités de lutte contre la désertification.

    Ces activités sont mises en place avec la collaboration des MAPN et des autorités forestières locales, à terme sur l'ensemble des terroirs des populations de la zone. La priorité est donnée aux jardiniers et aux zones choisies par les populations pour lesquels les soins qui seront apporté aux plants mis en terre sont relativement sûrs afin d'assurer la réussite des transplantation végétales et de fournir un bon exemple pour leur généralisation.

    Ces activités concernent :

    • l'installation de haies vives protectrices, défensives et coupe vent dans le jardin médicinal et dans les autres jardins des sites d'intervention ;
    • l'amélioration du parc arboré dans ces jardins avec l'introduction d'espèces protectrices ou améliorant le sol ;
    • l'amélioration de pratiques culturales avec notamment l'introduction d'espèces telles que la luzerne dans les successions culturales ou d'espèces pour la préparation de produits phytosanitaires biologiques ;
    • l'aménagement des berges des oueds et des zones fragiles, notamment des zones d'ensablement, avec des espèces fixatrices du sol, ceci dans tout le terroir villageois des zones d'intervention ;
    • la restauration ou l'amélioration de peuplements végétaux pour la production de fourrage et de bois sur ces mêmes terroirs : dans la vallée de Tallak, par exemple, il s'agit d'éliminer progressivement des Prosopis juliflora trop envahissant pour restaurer les anciens peuplements d'Acacia.


  • La production de remèdes à base de plantes.

    Suite aux premières enquêtes qui avaient eu lieu à Tin Telloust et Gougaram en automne 2001, l'accent a été mis dans le choix des plantes médicinales reconnues scientifiquement pour la préparation de remèdes concernant les pathologies les plus courantes de ses régions, à savoir :

    • parasitoses et infections intestinales, diarrhées
    • infections respiratoires aggravées et asthme
    • paludisme
    • infections uro-génitales
    • conjonctives et affections ophtalmiques
    • antisepsie des plaies et brûlures
    • douleurs inflammatoires et rhumatismes
    • dermatoses

    On assurera donc la production des remèdes par la collecte et la transformation des plantes produites dans les jardins ou spontanées sur le terroir par l'acquisition et la mise en activité d'un local et de son équipement pour :

    • les récoltes de plantes,
    • les préparations galéniques,
    • la fabrication d'extraits foliaires
    • le conditionnement et la conservation des produits


  • la formation de personnel local, des tradipraticiens et des infirmiers à toutes les étapes de la filière de fabrication de remèdes à base de plantes, dans des normes d'hygiène aussi strictes que possible :

    • la récolte des plantes produites dans les jardins et la cueillette de plantes locales spontanées ;
    • leur séchage ;
    • les modes de préparations galéniques ;
    • le conditionnement et la conservation des produits obtenus ;
    • l'étiquetage et la gestion des produits;
    • les conditions d'administration des produits : prescription, posologie et contre indications éventuelles .

    Ces formations seront assurées par les Médecins Aux Pieds Nus et pourront faire intervenir des agents des Services de Santé Nigériens (Direction de la Santé Nationale ou Régionale, Ministère de la Santé Publique, laboratoire LANSPEX etc).



  • La mise à disposition et distribution des remèdes à base de plantes

    Suite à la réalisation des démarches administratives de reconnaissance des préparations médicinales par le Ministère de la Santé, et l'analyse des produits auprès du LANSPEX pour fournir une totale garantie aux utilisateurs et permettre aussi dans le futur la diffusion des remèdes à l'extérieur des sites, les plantes et remèdes produits localement seront mis à disposition des Centres de Santé Intégrés et distribués aux populations, en alternative ou complément des médicaments disponibles dans la pharmacie du dispensaire, sous prescription par le major du CSI.



  • La production de compléments nutritionnels performants

    Selon le principe que des gens bien nourris, quantitativement mais aussi et surtout qualitativement, sont des gens bien portants, un réel effort est prévu dans ce projet pour l'introduction dans les jardins de plantes à usage nutritionnel, riches en vitamines, protéines et minéraux, à utiliser comme aliment au quotidien, mais aussi comme complément nutritionnel de type médicament dans les cas de dénutrition ou anémie graves, notamment chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes.
    Les extraits foliaires de luzerne sont un produit dérivé de la luzerne, qui est déjà cultivée dans certaines oasis comme à Tin Telloust et peut servir aussi bien en alimentation animale que pour l'amélioration des terres agricoles. Ainsi rendue digestible pour l'homme, la luzerne sous forme d'extraits foliaires, présente des qualités nutritionnelles remarquables, à des doses médicamenteuses de 5 à 10 g de produit sec par jour seulement.



  • La connaissance de la pharmacopée locale

    Parallèlement aux activités précédentes, Défi 21 et MAPN proposent d'améliorer la connaissance des pharmacopées locales, afin de mieux en assurer la défense et la promotion, par :

    • des enquêtes auprès des guérisseuses et des tradipraticiens sur les notions de maladies et de soins et sur l'utilisation des plantes dans la pharmacopée traditionnelle, avec le soucis d'assurer la coordination de ces activités de recherche en ethno-médecine avec celles de l'Université de Niamey pour la mise en place de recherches et d'essais sur les principes actifs de certaines plantes ;
    • l'organisation d'échanges entre les guérisseuses, tradipraticiens et agents des Centres de Santé Intégrés locaux pour une meilleure compréhension réciproque et un travail coordonné, afin d'améliorer de manière générale les prestations de soins pour les malades.
    • Mise en place d'outils pédagogiques sous forme de plaquettes sur les soins de santé primaires par la médecine traditionnelle et les mesures d'hygiène,
    • Appui à l'association des tradipraticiens du Niger (ATPN),
    • Enquêtes sur les pharmacopées traditionnelles targuies.


Activités annexes:

  • Mise en place d'essais cliniques sur la drépanocytose à l'hôpital national de Niamey,
  • Participation à la prise en charge sanitaire d'un village de lépreux en collaboration avec les tradipraticiens,
  • Développement du jardin de l'université de Niamey, et de jardins sur de nouveaux sites
  • Grand prix pour l'action humanitaire Madame Figaro/Oenobiol.


Budget global : (en euros)

30 500 euros ont été nécessaires pour couvrir le fonctionnement du projet pour les deux premières années, dont 15 245 ont été financés par Madame Figaro, 765 euros par l'UICN, et le reste par MAPN, soit 14 490 euros.
Pour les trois prochaines années, le développement des trois programmes entamés requiert un budget global de 143 410 euros, répartis comme suit :

Zone de Tin Telloust dans l'Air :23 900
Zone de Gougaram dans l'Air :23 900
Zone de Belbeji et de la Haute Tarka :19 460
Fonctionnement commun + volontaires :76 150
Contribution demandée et accordée par le PNEDD :15 000
Contribution demandée en attente à la Coopération Française :2 660
Contribution demandée en attente à la Coopération Suisse :2 660
Somme faisant l'objet de demande de financements :123 090

Pérennité :

L'autonomie du volet médicinal est garantie à terme par la formation des agents de santé locaux, l'appui aux organisations paysannes sur place et la création de plusieurs Groupements d'Intérêt Economique pour la commercialisation des produits médicinaux. Concernant la conservation du patrimoine culturel (mise en valeur des pharmacopées traditionnelles), biologique (réimplantation et conservation d'espèces menacées), et écologique (conservation du milieu et lutte contre la désertification), l'apport est pérenne grâce à l'implication des populations.


Tradipraticiens et matrones - Belbeji
Tradipraticiens et matrones - Belbeji

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