KALAPATA : associations d'enfants
Responsable du projet :
Sébastien Galy - Ingénieur développement rural en zones tropicales
Localisation :
Pays : Pérou
Région : Bassin amazonien, autour d'Iquitos (région Loreto)
Ville : 4 villages du fleuve Momón (Centro Fuerte, Roca Fuerte, Gen Gen et Grau)
Synthèse du projet :
Face à l'écart toujours plus important entre les riches et les pauvres, et à l'aide unilatérale de certaines institutions qui fabriquent peu à peu des populations d'assistés, le projet Kalapata veut montrer aux enfants et aux adolescents de 4 villages du fleuve Momón qu'ils peuvent être les protagonistes du développement de leur communauté. En créant un lieu attractif où ils viennent se divertir, échanger et apprendre, mais aussi en leur donnant les connaissances et le matériel nécessaire, nous voulons faire de 150 jeunes les moteurs d'un développement communautaire visant à améliorer sensiblement le niveau de vie tout en préservant la culture et l'environnement amazoniens.
Justification :
- Forte absence des professeurs et manque d'infrastructures (aucun collège secondaire). - Les enfants travaillent dès l'âge de 5 ans dans les champs. - Zone présentant de gros problèmes sanitaires, environnementaux, alimentaires mais aussi sociaux comme l'alcoolisme, la violence familiale et conjugale, entre autres. |
- Très forte migration des jeunes adolescents vers la ville d'Iquitos pour y trouver un travail, les services de base ou encore fuir l'ennui des villages. Malheureusement, beaucoup n'y trouvent que la délinquance, la drogue ou la prostitution
- Perte des connaissances ancestrales et dévalorisation de la culture régionale.
Objectif général :
Mise en place d'un projet pilote débouchant sur un modèle pédagogique alternatif visant à faire face aux problèmes caractéristiques de la zone rurale amazonienne du Pérou.
Objectifs spécifiques :
- Création de locaux destinés aux enfants et adolescents, comme centres de divertissement, d'échanges et d'apprentissage.
- Créer des organisations infantiles basées sur des fondements et un fonctionnement démocratique.
- Stimuler la créativité des enfants pour un meilleur développement personnel.
- Apporter des connaissances dans de nombreux thèmes tels que les plantes médicinales, l'alimentation, la santé et l'hygiène, la production, l'élevage, les technologies appropriées et des techniques manuelles, afin de permettre aux jeunes d'être des protagonistes du développement de leur village. |
Actions réalisées :
- Construction d'un local avec jardins dans chaque village.
- Réalisation d'ateliers éducatifs et d'activités culturelles (alimentation, hygiène, plantes médicinales, couture, artisanat, menuiserie, jardinage, élevage entre autres).
- Construction d'un four à pain dans chaque village.
- Création d'associations de jeunes.
Bénéficiaires :
Les bénéficiaires directs de ce projet sont les 150 enfants, âgés de 3 à 18 ans, qui vivent dans les 4 villages dans lesquels le projet se réalise.
Les bénéficiaires indirects sont les 80 familles des 4 villages car toutes profitent indirectement des retombées du travail réalisé.
Moyens humains et techniques :
L'équipe de travail est constituée du volontaire expatrié de MAPN entouré de trois éducateurs recrutés localement.
Aucun besoin technique particulier.
Partenaires locaux :
L'association Médecins aux pieds nus d'Iquitos (MAPN -Iquitos) créée en avril 2001 pour assurer la gestion des projets de manière autonome.
L'association CRETA (Centro regional de tecnologias apropiadas).
La Restinga (association aidant les enfants travailleurs des rues).
L'Arco Iris (orphelinat).
Viabilité :
Poursuite du projet assuré par MAPN-Iquitos pour deux ans afin de renforcer le travail réalisé avec les associations infantiles et de permettre un retrait progressif de l'aide extérieure pour aboutir à un fonctionnement indépendant des associations Kalapata.
Activités annexes :
- Participation d'une adolescente de la Kalapata à une rencontre sur l'éducation en zone rurale à Lima organisée par CARE en septembre 2000.
- Organisation d'un atelier sur l'éducation et la créativité avec 120 professeurs de la région d'Iquitos (janvier 2001).
- Organisation d'une exposition de poteries d'un jeune artiste d'origine Cocama et vivant dans un des villages du fleuve Momón (juillet 2001).
- Participation d'une adolescente de la Kalapata à une semaine d'activités réalisée avec une vingtaine d'adolescents de tout le Pérou, et visant à déboucher sur des propositions concrètes qui seront présentées au gouvernement. Cet évènement était organisé par CEAPAZ en août 2001.
- Organisation de l'exposition de photographies " Kalapata : enfants d'Amazonie " réalisée à Paris pour sensibiliser le public parisien à l'action Kalapata (Octobre 2001).
- Participation de deux adolescentes de la Kalapata à deux semaines d'activités à Lima, après avoir gagné un concours international de dessin sur la paix organisé par la Casa de América de Madrid (mars 2002).
- Organisation d'activités manuelles avec des enfants travailleurs des rues à la Restinga et avec des enfants orphelins à l'Arco Iris.
Activités à venir :
Le projet se poursuivra pendant deux années afin de renforcer le travail déjà réalisé avec les jeunes. Un travail plus important sera effectué avec les adolescents leaders afin d'assurer le bon fonctionnement des organisations infantiles. L'objectif est de faire de ces associations un moteur pour un bon développement des villages et un partenaire privilégié pour les institutions gouvernementales ou associatives. |
Médiatisation et prix divers :
- Prix de la Fondation de France : Prêts d'honneur aux Jeunes - Canal + en 2000.
- Article dans l'hebdomadaire Kanatari du 13 août 2000 (Iquitos).
- Article dans le mensuel éducatif la gota que camina janvier 2001 (Iquitos).
- Article dans le journal du SCD n°154 (France).
- Article dans Charenton magazine n° 69 (France).
- Article dans Biocontact n°95 (France).
- Article dans La nouvelle de Victoriaville du 26 Août 2001 (Québec).
- Article dans La Region du 26 mars 2002 (Iquitos).
- Reportage sur CANAL N (Pérou).
- Participation au film documentaire " Atrapados en el paraiso " (Espagne).
Matériel diffusable:
- Une exposition de 30 photos avec catalogues.
- Un manuel de fiches pédagogiques diffusé dans tous les collèges du Loreto.
Quelques réflexions :
Le premier enseignement de ce projet est que le travail avec les enfants permet d'obtenir des résultats très intéressants et souvent impossible avec les adultes.
Les conflits d'intérêt, l'ambition, l'inertie et le poids des (mauvaises) habitudes qui caractérisent les adultes sont souvent un obstacle insurmontable pour le bon déroulement d'un projet de développement. Or, en travaillant avec les enfants, on évite ce genre de difficultés.
Rappelons que les enfants, dans les pays en voie de développement, doivent assumer des responsabilités dès leur plus jeune âge, ce qui fait qu'ils font preuve d'une grande maturité et de sérieux dès l'âge de 7-8 ans. Les enfants ont une grande soif de découverte, sont très réceptifs et ont tout l'avenir devant eux. Ils sont donc les partenaires idéaux pour travailler sur des thèmes tels que l'amélioration de l'alimentation, la santé, la protection de l'environnement ou la valorisation de la culture.
L'utilisation des plantes médicinales est une caractéristique très forte des cultures traditionnelles, donc lorsqu'elle se perd, c'est tout un pan de la culture qui s'effondre. C'est pour cette raison qu'il me paraît fondamental de toujours travailler l'aspect médical conjointement à l'aspect artistique lorsque l'on touche le thème des plantes médicinales. Cela peut se faire grâce à des activités artistiques telles que la peinture, le dessin, mais aussi les contes, le théâtre etc.
A renforcer la culture locale, nous valoriserons à la même occasion l'utilisation des plantes médicinales.
Pour commencer à connaître un minimum la région d'accueil et ses coutumes, et donc être vraiment efficace dans son travail, il faut compter au moins un an. C'est pour cela que tout projet de moins de deux ans me paraît relativement inefficace voire risqué. La mise en place de jardins médicinaux ou d'autres types de structures ne peut se faire du jour au lendemain, sans un assez long travail de préparation (sensibilisation, et implication des populations locales dans la préparation, la programmation et la réalisation).
Le problème ne se pose pas dans le vas où un correspondant local assurerait la période de sensibilisation avant l'installation et la gestion après le départ. Mais, là, attention à ceux qui ne veulent que profiter de l'aide internationale et sauront avoir un discours charmeur.