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Bangladesh

la communauté de Dinighala à pied d'oeuvre la communauté de Dinighala à pied d'oeuvre

1ère phase de la mission : décembre 2005 à juin 2006.

2ème phase : automne 2006

Volontaires : Dr Bernadette Poisson (Chef de Mission), Florence Bozier et Jean-Marc Vuillaume

Budget (1ère phase) :

Suite au Tsunami qui a frappé l’Asie du Sud-Est le 26 décembre 2004, un élan de générosité sans précédent s’est manifesté dans le monde entier. En France aussi, nombreux sont ceux et celles qui ont effectué des dons aux associations humanitaires pour que cette générosité de traduise en actes concrets. MAPN a aussi reçu des dons et s’est rapidement mis en quête de projets humanitaires dans l’un des pays les plus touchés par le raz de marée : le Bangladesh.

 Peu à peu, les contours d’une mission MAPN se sont dessinés et trois volontaires MAPN ont débuté leurs action en décembre 2005 dans la province des Chittagong dans le sud-est du Bangladesh : il s’agit du Dr Bernadette Poisson, en qualité de Chef de Mission et initiatrice des sous-projets, de Mme Florence Bozier et de M. Jean-Marc Vuillaume.

 

Détails des sous-projets :

Nos volontaires mettent en oeuvre quatre projets: Le premier projet soutient un centre de soins, le « Debangshi Darughar ». Ce centre développe l’herboristerie traditionnelle locale des maîtres guérisseurs des tribus Jumma. Depuis cinq ans, le docteur Bernadette Poisson, entretient avec le fondateur de ce centre, M. Sumati Keton Chakma, une relation de confiance, d’estime et de travail. Des jardins médicinaux ont été créés dans trois villages ; des antennes de soins et de fabrication de médicaments traditionnels ont vu le jour. Parallèlement, les MAPN apportent une méthodologie d’évaluation et de recherche sur l’efficacité des médecines traditionnelles (recensement des savoirs et des techniques, monographies des plantes en liaison avec des universitaires bengalis).

Auprès de Keton Chakma et de son groupe de guérisseurs, nos volontaires aident à la mise en place des jardins médicinaux et à la réalisation de préparations galéniques (syrop, teintures, pommades, huiles essentielles). Pour ce faire, MAPN contribue au financement d’une machine à broyer les plantes.

 

Le second projet porte ses efforts sur un Centre de Recherche d’Herboristerie Traditionnelle, comprenant des jardins médicinaux et un laboratoire, avec l’assistance d’un étudiant bangladeshi en ethnobotanique : M. Sushil Chakma, co-initiateur du projet.

 

Le troisième projet se focalise sur le développement d’un centre de médecine traditionnelle, créé en 2000 par Bernadette Poisson et situé à Tulaban, dans la région de Baghaichari. Les objectifs visés sont de :

- réaliser des tests médicaux simples permettant de faire des diagnostics sur place, (dépistages tuberculose, malaria). Deux personnes ont été formées dans cette optique. Néanmoins, cette activité reste aujourd’hui conditionnée à l’acquisition de matériel (microscope, centrifugeuse..) à laquelle MAPN compte contribuer.

- fabriquer, par un chaudronnier local, un alambic pour la distillation de plantes médicinales et la production d’huiles essentielles.

 

Le quatrième projet enfin, intitulé « Main tendue», a lieu à Barisal, ville surpeuplée située dans les méandres du delta du Gange au sud du pays. Les MAPN, là encore, agissent en partenariat avec une association locale de femmes. Cette action s’adresse aux populations extrêmement démunies des bidonvilles, en mettant en place, dans un premier temps, un programme nutritionnel pour les plus dénutris, (soupe populaire et porridge faits avec les ingrédients locaux et par les habitants de ces quartiers pauvres). 

 

Premiers résultats (au 1er juin 2006)

Définie précisément dans le temps et les moyens, la mission des MAPN au Bangladesh a, en seulement quelques mois, satisfait à ses objectifs d’aide matérielle et de soutien technique à 4 projets pré-identifiés.

 

1-      le Centre de Soins et l’Herboristerie Traditionnelle de Debangshi Darughar : Le Dr Bernadette Poisson, dans un premier temps, puis Florence Bozier y dispensent plusieurs séances de formation regroupant un grand nombre de guérisseurs et au cours desquelles les malades présents ont pu être auscultés en présence des guérisseurs (Boydos). Une antenne de soins (structure en bambou) a vu le jour à Borkol et une autre à Panchary est en construction.

 

2-      Le Centre de Recherche en Herboristerie Traditionnelle de Tulaban s’est doté, grâce aux efforts de Jean-Marc Vuillaume d’un alambic pour la distillation d’huiles essentielles. Après quelques dysfonctionnements, Florence Bozier est finalement parvenue à le faire réparer (avril 2006). La production d’huiles essentielles est en marche et profite à plusieurs groupements de Boydos.

 

3-      Le Centre de Médecine Traditionnelle de Rangamati : Une aide matérielle, technique et méthodologique a été apportée par Jean-Marc et Florence, ce qui a permis d’installer un centre de recherche, où un inventaire de plantes médicinales traditionnelles (herbier) a pu voir le jour. S’y sont tenues des réunions de travail entre Boydos à des fins de recherches (confrontation des pratiques thérapeutiques Chakma et Ayurvédiques et conservation de ces savoirs par écrit en les traduisant, transcrivant et reformulant). Le coordinateur de ce projet, au plan local, est M. Sushil Chakma.

 

4-      le programme nutritionnel et de techniques médicales primaires « Main Tendue » qui a également séduit des universitaires et des membres d’ONG locales très motivés. De nombreux stages de formation à base de protocoles simples sur l’utilisation des huiles essentielles ont eu lieu. Un partenariat permettrait de combattre la malnutrition (avec la spiruline) et d’accéder à des techniques de soins rudimentaires mais efficaces.

NB : Un cinquième projet a pu être mis sur pied en 6 semaines seulement : réalisation d'un jardin médicinal dans la Région de Dighinala. Un monastère bouddhiste met à disposition de notre dernière volontaire Florence Bozier, un terrain irrigable de plusieurs hectares. A ce jour, plus de 1500 plants comprenant 157 espèces végétales à vertu médicinale y ont été effectués. Le projet bénéficie du concours d'une dizaine de communautés de Boydos de la région qui compte près de 50.000 habitants. L'exploit d'une mise en culture en six semaines à peine s'explique par l'enthousiasme et la générosité sans limites de la population locale qui a fourni nombre de jardiniers, terrassiers, horticulteurs ...

 Perspectives 2006

 A ce jour, tous les volontaires sont revenus de mission. La phase exploratoire et de mise en place est achevée.

Cette mission reste également, dans son ensemble, l’occasion de nouer de nouveaux contacts et de motiver les personnes sur l’utilisation de l’herboristerie. Une étape supplémentaire est actuellement franchie par, d’une part, la mise en culture d’un jardin médicinal dans la région de Dighinala (budget de 700 euros, regroupant des dizaines de guérisseurs traditionnels autour d’un centre de culture bouddhique) et d’autre part la mise en place d’un partenariat de recherche à plus grande échelle avec le Conseil National de la recherche scientifique, basé à Chittagong, la capitale du District.

A noter : la suite de la mission, après le retour de la dernière volontaire fin mai, interviendra en tenant compte de plusieurs critères :

- la viabilité de ce projet incluant le jardin médicinal et les chances d’une dynamique communautaire.

- Assise locale pour la pérennisation du projet. M. Sushil Chakma en assurera un temps la gestion.

- la pertinence du projet de partenariat avec Conseil National de la recherche scientifique.

Florence et les villageois de Dighinala
Florence et les villageois de Dighinala

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